05/04/2007

Gérard de Nerval : Avril

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Déjà les beaux jours, la poussière,

Un bleu d'azur et de lumière,

Les murs enflammés, les longs soirs;

 Et rien de vert: à peine encore

Un reflet rougeâtre décore

Mes grands arbres aux rameaux noirs !

medium_1-Jardin6-Alysse.jpgCe beau temps me pèse et m'ennuie.

Ce n'est qu'àprès des jours de pluie

Que je vois surgir, en un tableau,

Le printemps verdissant et rose,

Comme une nymphe fraîche éclose

Qui, souriante, sort de l'eau.

03/04/2007

Charles d'Orléans

 Le Printemps

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
" Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie. "

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Goutte d'argent d'orfèvrerie ;
Chacun s'habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.

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06/02/2007

Bénabar - Quatre murs et un toit

J'adore cette chanson de Bénabar, si réaliste !

"Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s'endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros oeuvre, ça sent le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.
     Le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.
Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l'étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l'automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.
     On pourra y faire un jour une cabane.
Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c'est dommage, est à l'abandon. Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.
    Ça sera une deuxième salle de bain.
Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un bureau dans la p'tite pièce d'en haut, et des chambres d'amis, les enfants sont partis. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, vêtement par vêtement.
     Petit à petit, vêtement par vêtement.
Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu'ici il y'a trop de place. On va poser tu sais des stores électriques, c'est un peu laid c'est vrai, mais c'est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.
    Dans son ventre ronronne la machine à laver.
Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c'est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit. Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l'acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n'ayez crainte Madame, c'est hanté c'est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, "finis tes devoirs", "il est trop lourd mon cartable", "laisse tranquille ton frère", "les enfants : à table !".
    Écoutez la musique, est-ce que vous l'entendez ?"

21/09/2006

Les sanglots longs...

Les sanglots longs 
Des violons 
De l'automne 

Blessent mon coeur 
D'une langueur 
Monotone

Tout suffocant 
Et blême, quand 
Sonne l'heure 

Je me souviens 
Des jours anciens 
Et je pleure ; 

Et je m'en vais 
Au vent mauvais 
Qui m 'emporte 

De-ci, de-là, 
Pareil à la 
Feuille morte.

Paul Verlaine (1844-1896)

14/08/2006

Il pleut !

medium_09-Locronan05.2.JPGIl pleut.
Les pépins, tristes compagnons,
Comme d'immenses champignons,
Sortent un par un des maisons.
Il pleut
Et toute la ville est mouillée.
Les maisons se sont enrhumées.
Les gouttières ont la goutte au nez.
Il pleut.
Comme dirigés par un appel,
Les oiseaux désertent le ciel.
Nuages et loups,
Les fenêtres, une larme à l'œil
Semblent toutes porter le deuil
Des beaux jours.
Il pleut
Et l'on entend des clapotis.
La ville n'a plus d'harmonie.
Solitaires, les rues s'ennuient.
Il pleut...

Ecrit par Charles Aznavour en 1947 et chanté par Edith Piaf

06/03/2006

L'homme à la tête de chou

Je suis l'homme à la tête de chou
Moitié légume moitié mec

Pour les beaux yeux de Marilou
Je suis allé porter au clou
Ma Remington et puis mon break
J'étais à fond de cale à bout
De nerfs, j'avais plus un kopeck
Du jour où je me mis avec
Elle je perdis à peu près tout,
Mon job à la feuille de chou
A scandales qui me donnait le bifteck
J'étais fini foutu échec
Et mat au yeux de Marilou
Qui me traitait comme un blanc-bec
Et me rendait moitié coucou.
Ah non tu peux pas savoir mec
Il lui fallait des discothèques
Et bouffer au Kangourou
Club alors je signais des chèques
Sans provision j'étais fou fou
A la fin j'y fis le caillou
Comme un melon une pastèque
Mais comment-Je ne vais pas du tout
Déballer comme ça aussi sec
Quoi ? Moi ? L'aimer
encore ? Des clous.
Qui et où suis-je ? Chou ici ou
Dans la blanche écume varech
Sur la plage de Malibu

25/02/2006

Le départ d'une étoile

Au-dessus de la ville, un joli soir d'automne
Tisse un sombre filet capturant l'horizon
Et de fines lueurs traversent la cloison,
Illuminant d'espoir ce plafond monotone.

Au milieu de ce voile, une étoile chantonne
Qui diffuse l'éclat de son cour à foison
Au feu de son charisme offrant la guérison
A qui veut écouter le refrain qu'elle entonne.

La brave enchanteresse a beaucoup voyagé
Et déserte le dôme où son coeur a logé,
Disparaissant d'un coup de baguette magique.

N'évoquons pas l'absence ou l'ombre du revers
Mais le brillant maintient d'une flamme énergique
Qui porte ses rayons à d'autres univers.

Philippe JEANNET  (www.planetexpo.fr/pjeannet)

18/02/2006

Soyez tendre

Soyez tendre pour les jeunes,

Compatissant pour les vieux,

Compréhensif envers ceux qui luttent,

Tolérant envers les faibles et les égarés.

A quelque moment de votre vie,

Vous aurez été de tous ceux-là.

(trouvé sur le site  www.vertpomme.net )

01/01/2006

Le premier jour de l'an

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Les sept jours frappent à la porte.
Chacun d'eux vous dit: Lève-toi!
Soufflant le chaud, soufflant le froid,
Soufflant des temps de toutes sortes,
Quatre saisons et leur escorte
Se partagent les douze mois.
Au bout de l'an, le vieux portier
Ouvre toute grande la porte
Et d'une voix beaucoup plus forte
Crie à tous vent: Premier Janvier!

Pierre Ménanteau

24/12/2005

Chanson pour les enfants l'hiver

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Dans la nuit de l'hiver
galope un grand homme blanc
c'est un bonhomme de neige
avec une pipe en bois
un grand bonhomme de neige
poursuivi par le froid
il arrive au village
voyant de la lumière
le voilà rassuré.
Dans une petite maison
il entre sans frapper
et pour se réchauffer
s'assoit sur le poêle rouge,
et d'un coup disparait
ne laissant que sa pipe
au milieu d'une flaque d'eau
ne laissant que sa pipe
et puis son vieux chapeau.

Jacques Prévert

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