24/11/2007

Centons

A ne pas confondre avec les Santons des crèches provençales. Dans la Rome impériale, on appelait CENTON, les morceaux de tissu dépareillés que les légionnaires cousaient l'un à l'autre afin de fabriquer un sous-vêtement qui leur tenait chaud l'hiver sous la cuirasse de métal. Par analogie, on nomma CENTON, un jeu littéraire qui consistait à composer un poème original en partant de vers "empreintés" à l'oeuvre de poètes différents.

A titre d'exemple, j'ai trouvé dans un vieux livre, un sonnet inédit (ou presque) dans lequel vous reconnaîtrez quelques vers qui auront à vos oreilles un air familier. Les oeuvres, dont sont extraits les vers, seront communiqués demain.

 

Les beaux été sans toi

Regarde! Je viens seul m'asseoir sur cette pierre (1)

Où jadis, pour m'entendre, elle aimait s'asseoir (2)

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir (3)

L'air est parfois si doux qu'on ferme les paupières (4)

 

Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme (5)

Embaumant les jardins et les arbres d'odeur (6)

Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs (2)

D'autres vont maintenant passer où nous passâmes (2)

 

Aux regards d'un mourant, le soleil est si beau ! (7)

Les beaux étés dans toi, c'est la nuit sans flambeau (8)

Que ne m'est-il permis d'errer parmi les ombres ? (9)

 

Maintenant, ô mon Dieu, que j'ai ce calme sombre (10)

Il n'est rien de commun entre la terre et moi (11)

hélas ! en te perdant, j'ai perdu plus que toi ! (12)

 

 

 

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