04/12/2005
Il y a deux siècles
Napoléon connaissait coup sur coup la pire de ses défaites et la plus éclatante de ses victoires:
Trafalgar et Austerlitz.
Deux événements qui portaient en germe sa gloire et sa chute. Au gré des batailles et des alliances, Napoléon a tour à tour fait la guerre ou la paix à l'Autriche, à la Prusse, à la Russie, mais l'Angleterre a été son seul ennemi permanent. c'est pourquoi , en cet été 1805, il est à Boulogne, avec le projet bien arrêté de franchir La Manche. Pour cela il faut écarter la flotte anglaise, l'attirer dans les Antilles. Il donne des ordres à ses amiraux et d'abord à Villeneuve qui commande la flotte à Toulon. Mais celui-ci, hésitant, se laisse enfermer à Cadix. Napoléon change alors ses plans, l'Angleterre, ce sera pour plus tard. Du moins le croit-il. Le 13 août, la Grande Armée s'ébranle et en vingt jours arrive à Mayence. pendant l'automne, il défait les Autrichiens en Bavière. le général Mack capitule à Ulm le 20 octobre.
Mais bien loin de là, le lendemain même, la flotte franco-espagnole sort de Cadix et tente de forcer le passage. Usant de manoeuvres hardies qui bousculent toutes les règles de la guerre maritime, Nelson écrase ses adversaires.
A bord de son navire-amiral, le Victory, il perd la vie mais assure à l'Angleterre la maïtrise des mers et, à lui-même, une gloire immortelle. Le malheureux Villeneuve se suicide de désespoir! Quand napoléon apprend la nouvelle, il est déjà en Moravie. Elle ne l'affecte guère. Le 2 décembre, anniversaire du sacre, il livre bataille entre le village d'Austerlitz et la ville de Brünn (aujourd'hui Brno). En quelques heures, c'est une victoire écrasante. Quatre jours plus tard, l'empereur d'Autriche vient implorer l'armistice.
Obligé de renoncer à l'invasion de l'Angleterre, napoléon, pour la faire plier, institue le "blocus continental" interdisant tout commerce avec elle. Mais pour l'imposer, il doit contrôler toute l'Europe. d'où sa boulimie de conquêtes. Après austerlitz, la grande Armée semble invincible: Ièna, Friedland, Wagram, Essling... Napoléon est à Vienne, à Berlin, demain à Moscou. hambourg et rome sont des chefs-lieux de départements français. mais d'une conquête et d'une victoire à la suivante, l'Empire et son armée s'essoufflent. En 1809, en Espagne, surviennent les premiers accrocs. Suivront la retraite de Russie en 1813, la chute de Paris en 1814. Austerlitz a masqué Trafalgar, mais le dénouement était inéluctable. Ce sera Waterloo.
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